De la critique

Publié: juin 19, 2017 dans Philosophie, politique, société

On la dit facile, et l’art difficile, mais une bonne critique, saine, utile, construite, n’est pas aisée. Pour être saine on doit s’affranchir de toute humeur, du désir de critiquer lui-même, de prouver quoi que ce soit, ou revendiquer. Il convient à l’instar des exigences collaboratives d’un support comme la Wikipédia, d’étayer son propos sans faire valoir une opinion sienne au détriment de toutes. Pour être utile, une critique ne démolira rien mais apprendra à apprendre sur le ou les sujets abordés. Quant à sa construction, elle demande autant d’attention qu’un exercice de dissertation ou d’explication de texte, bien que ceux-ci font toujours référence à l’appris, alors que la critique va délivrer une nouvelle forme d’appréciation du connu. Enfin on se posera la question suivante : à quoi bon critiquer ? Il faut aiguiser son esprit comme une lame de samouraï et s’en servir rarement, trancher dans le vif  en silence, la plupart du temps, pour épargner l’autre de ses propres tâtonnements. On ébauchera une critique lorsqu’on aura une réponse satisfaisante à la question : ai-je à dire ? Ce qui est rarement le cas, le plus souvent il vaut encore mieux se taire, et continuer à peaufiner son apprentissage du sujet. Dans notre société contemporaine gavée d’écrit, de media en tout genre, on songe trop facilement qu’il se trouve moult sujets à critiquer, et ce faisant, comme un mauvais documentaire, on reste partial. En ce siècle de dérives politiciennes, économiques et sociales, nous devons ignorer le néo-féodalisme ambiant pour s’inquiéter de l’avenir de notre espèce qui maltraite tant notre Terre, et de nos isolements qui font de nous des Robinson au lieu de rester fourmis attachée à la fourmilière, humblement. C’est notre espèce qui est en danger, pas la planète, elle, elle en vu d’autre, l’humain est si fragile dans son arrogance. Enfin, avant de critiquer, adonnons-nous à un sursaut de conscience par un travail sur Soi élaboré, afin de la hisser au dessus des pris pour acquis.

De la nature du jeu vidéo

Publié: juin 18, 2017 dans culture, Jeux, société

Le plaisir viédoludique provient rarement de son support, si ce n’est esthétiquement et mécaniquement, en tant que compensation, pour combler des manques. Le jeu offre une aire de partage et de rencontre, qu’elle soit compétitive (joueurs contre joueurs) ou collaborative (joueurs contre environnement), répondant aux aspirations des caractères sportifs ou sociaux. La fâcheuse tendance qui s’est développée à la fin des années 1990 de promouvoir le jeu solo, soutenue par des éditeurs aveugles et opportunistes (qui au final y perdront beaucoup, par exemple Funcom) gâchant ainsi la vocation du jeu, s’est à nouveau inversée avec les nouvelles générations, technologies, et l’avènement de l’esport. Le jeu vidéo est depuis quelques années sortie de son étiquette de geek boutonneux mangeur de pizzas froides, ce qui était une méchante réduction du public, car il est peu crédible de songer que le pourcentage féminin, par exemple, a fait un bond, c’est plutôt que le jeu vidéo entre dans les moeurs, certains publics sortent de leur secret jouissif coupable pour entrer dans l’arène du revendiqué, assumé, heureux. Il en va de même pour les tranches d’âge statistique hors adolescence et estudiantines. Dès lors on repère que les signes de reconnaissance vont dans ce sens, comme celui de l’ex-ministre de la culture en visite dans un salon de jeu, laquelle pense le sujet et l’objet devenu « culturels » d’ici vingt ans. D’autres l’envisage comme un sport à part entière. N’est-ce pas en Corée que celui-ci est déjà le sport national avec des « vedettes » adulées comme nos stars du ballon rond ? Rendez-vous dans vingt ans, pour voir si le genre qui assomme déjà de ses résultats annuels l’industrie du cinéma et de la télévision, se plaçant numéro deux mondial derrière le… livre ! Lequel du coup ne va pas si mal hors de la navrante exception hexagonale, et cela rassure. Au passage ajoutons que le jeu vidéo devra, dans ce processus se sevrer de ses plus lucratives tendance (violence) et de ces poncifs (morts vivants et tutti quanti) pour correspondre aux meilleurs titres du genre, qui s’ils offrent de l’action racontent surtout une aventure avec des héros auxquels on peut s’identifier. Restera le creux entre les pcistes et les consoleux, car il est déjà vrai que les premiers sont plus sélectifs et exigeants, lorsque les seconds avalent du titre sans trop de réflexion.

Du Soi

Publié: juin 16, 2017 dans Psychologie

Lorsque le moi s’apprête à devenir Soi, l’être sort de l’anxiété chthonienne pour découvrir l’angoisse de l’existentiel. Conscient de sa finitude, et de la valeur du Temps, le passé nous abandonne et l’avenir nous désintéresse, on se retrouve confiné dans l’étroite fenêtre du présent : le quotidien. Tout ce qui jadis nous servait d’exutoire devient vain, et t out ce qui  se fantasmais pour demain perd de son intérêt. Le réel et le concret deviennent les seuls terrains de jeu du vivant, et pour commencer, il semblent plus étroits, mais étant plus vrais où essentiels ils suffisent et supportent mal la concession. C’est un temps de deuil, où l’on se rend compte des ivresses dans lesquelles on abrutissait son non-être inconscient, pourtant dans l’espoir d’un jour meilleur et l’on prend aussi conscience de l’éloignement des rêves se projetant sur des années autant de possibles inachevés. Après ce deuil vient un apaisement, et la nourriture du présent suffit, proposant un nouvel accord entre le physique, le neurovégétatif, et le psychique. La perte de tout ce qui nous « faisait passer le temps » et l’oubli de tous les « ah si seulement j’avais… » nous laissent seuls avec nous-même, dans la découverte qu’il s’agit de la seule  compagnie dont on soit assuré à vie. Ces étapes sont sans doute difficiles, et nombreux sont ceux qui régressent vers le connu et le compensé à ce stade, mais la « démangeaison » d’un moi meilleur reviendra et des cycles se forment, offrant de nouvelles chances de s’accomplir dans l’être pour faire et penser en renonçant à faire et penser pour être, car il faut de la force, du courage, et beaucoup de silence pour y avancer modestement sans reculer rapidement.

3) Du contenu et du contenant

Publié: juin 15, 2017 dans Philosophie, Sciences

Désormais que l’homme contemporain, vivant dans une société néo-féodale qui tend à le dépersonnaliser à tel point qu’il n’a plus conscience d’être pensant, appartient à ce grand Tout satisfaisant, fait d’Univers en recyclage permanent, comme son âme, que devient la question du contenu et du contenant ? C’est la nouvelle question métaphysique de tout ce qui existe. On peut vivre en se contentant de répondre : tout comme nos ancêtres savants ne pouvaient concevoir la nature exacte de la Terre et de son mouvement – ce qui est évidence pour nos enfants – nous ne sommes peut-être simplement pas en possession des outils, de la science, d’une capacité cérébrale suffisante pour envisager cette nouvelle dimension, donc nous postulons que nous ignorons, mais qu’un jour ce qui était notre ignorance sera évidence. Ou nous pensons en terme de métaphysique pour élaborer une théorie du contenu et du contenant. Dans ce cas il faut s’affranchir de quelques barrières « scientifiques » comme : la physique contemporaine et ses diverses écoles qui ne font que tâtonner aveuglément ; la relativité d’Einstein qui n’est peut être pas exacte si la constante n’est pas la vitesse de la lumière ; le temps est peut-être une dimension ; pour postuler qu’une force supérieure inconnue régit l’ensemble des Univers dans un espace qui serait lui-même contenu dans un état de matière et de pensée supérieurs à notre capacité d’entendement. Si l’Univers existe dans cet espace contenant d’autres Univers, il existe un nombre incalculable de singularités jumelles qui peuvent se rencontrer comme des ensembles interagissant, d’où pourraient naître toutes formes de matières qui nous semblent étranges, échappant à notre science. Mais tout cela ne répond pas à la question. Tous ces Univers connexes, dans quoi sont-ils contenus ? Ce serait forcément là que nous rencontrons l’infini, or qu’est-ce qui peut l’être de manière satisfaisante sans borner notre pensée ? Le Temps, en dimension ou pas, est infini. Si le Temps est une dimension, alors il peut contenir l’ensemble des Univers inconnus, et la somme de la création, avec une force supérieure inaccessible à notre science. Or ce que nous apprenons désormais, c’est que si l’homme cesse de détruire son habitat, dans un nombre incalculable – et peu importe – de siècles, ces questions apparaîtront à tout un chacun aussi sottes et dérisoires que les affabulations de nos ancêtres luttant pour ou contre la platitude de la Terre et son immobilité. Avec le Temps comme unité universelle et dimensionnelle, tout peu devenir évidence et nos âmes, comme tous les Univers possibles, ont une infinité de Temps pour connaître, dans des cycles, l’achèvement de Soi dans la plénitude, que ce soi un Soleil, un Homme, une Fleur, ou une nouvelle Molécule.

2) De l’infini et du divin

Publié: juin 14, 2017 dans Philosophie, Sciences

Si l’Univers est contenu dans un contenant et non-unique, la notion d’infini correspond à notre incapacité d’embrasser ces dimensions supérieures, qui seront un jour explicables. On a vu que le Temps était une piste intéressante car tout lui semble soumis, même la gravité universelle. Le Temps universel pourrait donc être cette dimension supérieure contenante qui réplique à l’incohérence d’un infini, insatisfaisant pour envisager le vivant et la création. Et ce que l’homme ne sait pas expliquer, de tous temps, il l’a attribué à des forces supérieures immatérielles, comme les Dieux, leurs mythes fondateurs, et les légendes.

Il n’est pourtant pas faux, a priori, d’attribuer dans le mystère universel de la matière une part d’irrationnel et de spirituel car s’il n’existe aucune force supérieure guidant le Temps contenant, le vivant et la création seraient uniquement de fortuites conséquences des itérations universelles, or cela semble peu crédible au vu des miracles universels que l’on peut observer de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Donc, il peut exister comme contenant du Temps une force supérieure irrationnelle, volontaire et déterminée, de la création de la matière et du vivant. Alors se poserait la question de sa raison d’être, ce qui simplifierait la question du contenant, en l’abrégeant de sa dimension scientifique pour ne plus poser qu’une équation métaphysique. Mais enfin, peu importe qu’il y ait un dessein ou non, la création existe avec ou sans lui.

Alors, ce que les hommes ont de tout temps établi comme divin serait cette force et ses manifestations prendraient la forme des Univers. L’âme serait à l’homme ce que le « Big Bang » est à l’Univers : cette étincelle primordiale, éternelle, car retournant à sa source après sa période d’expansion, pour se « reforger » encore et encore.

1) De l’Univers

Publié: février 9, 2017 dans Philosophie, Sciences

Longtemps les hommes ont cru la Terre plate et immobile. De même aujourd’hui on pense encore l’Univers comme un infini plat. Or cela est impossible à la raison de le concevoir bien si l’on admet la théorie du « Big Bang » car :
a. si l’Univers a un commencement, il a une fin, car rien de ce qui commence n’est infini.
b. si le « Big Bang » s’apparente à une explosion, l’Univers ne peut être plat car la résultante de toute explosion non confinée est une sphère de gaz en expansion.

Or tout ce qui nous entoure, de l’infiniment petit, à l’infiniment grand, est sphérique, des particules atomiques à la plus géante des supernovas. L’Univers connu est donc fini et sphérique. Il continue de s’étendre sous la force d’expansion du « Big Bang » et la force universelle de la gravité, un jour, le rétrécira à son infime point d’explosion, donc vers une fin en « Big Crunch », pour une  nouvelle itération de la matière. La théorie du « Big Freeze » n’étant qu’une vue pessimiste adossée à l’infinie platitude que nous réfutons.

Cependant, tout ce que contient l’Univers n’est pas sphérique, comme les galaxies, les amas gazeux, les trous noirs. Mais les galaxies sont des assemblages d’étoiles, les amas des pépinières d’étoiles en devenir, et les trous noirs des vestiges de soleils immenses.

Si l’Univers est admis fini et sphérique, il pose la question du contenant et du contenu, qui est la réelle question métaphysique contemporaine. Tout ce qui est, est contenu dans un contenant. De l’atome à l’Univers. Mais alors dans quoi l’Univers est-il contenu ? Les atomes qui sont en nous composent des humains, lesquels sont sur Terre, qui est dans le système solaire, lequel se trouve dans la Voie Lactée, etc. La masse de l’Univers ne peut être contenue dans le Néant, il se trouve donc contenu dans une dimension supérieure insaisissable à nos sens et nos sciences.

On admet que si l’Univers est une sphère en expansion issue de la singularité du « Big Bang » il peut ne pas être unique. On conçoit une dimension « supérieure », un espace-temps dans lequel plusieurs Univers pourraient cohabiter, se juxtaposer, et qui sait, entrer en contact dans leur phase d’expansion (une piste d’explication pour les particules étranges). Toutefois l’esprit peine à concevoir un tel modèle, qui ne fait que repousser la question du contenant. Si un espace-temps supérieur à l’Univers contient plusieurs autres Univers, dans quoi se trouve cet espace-temps ?

Notre Univers est encore « jeune » (en phase d’expansion) et sera « vieux » lorsqu’il aura atteint le seuil de la rétractation gravitationnelle vers son point d’origine, ainsi s’explique que toute la matière, et le vide, de l’Univers se retrouve compressé à la singularité d’un nouveau « Big Bang », peut-être dans un modèle du mouvement perpétuel si l’on admet le Temps comme une dimension contenante et l’espace non pas un infini insatisfaisant.