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Gouverner aujourd’hui

Publié: avril 29, 2019 dans France, politique

C’était en 1990 au cours propédeutique de Sciences Economiques dans un auditoire de six cents places bondé et bruyant. Le professeur arrive sur l’estrade, le silence se fait doucement. Tout en se dirigeant vers le pupitre il entame d’une voix  forte : « La pensée politique s’inscrit dans la durée… au moins une génération. » Puis il avance de quelques pas, le silence est maintenant intense : « Aujourd’hui les politiciens travaillent sur le temps de leur réélection, soit environ quatre ans. » Il s’arrête devant le pupitre, dépose son cours, chausse ses lunettes et dit dans le micro : « Il n’y a plus de pensée politique. » Puis il ouvre son volumineux dossier… c’était en 1990.

Lorsque je vois les gesticulations de nos élus, et particulièrement des premiers d’entre eux, nos récents présidents (au pluriel c’est important), je songe avec amusement que cette anecdote prémonitoire date de vingt-neuf ans. On dit que les français sont ingouvernables, mais les politiciens sont « ingouvernant » et les systèmes archaïques. Des solutions existent, en s’inspirant des démocraties directes, mais la morve des élites se gaussera très vite du modèle Suisse par exemple, tant note société néo-féodale ou 1% – et non plus 10% – des élites possèdent 90% des ressources, nous ne sommes plus à l’apogée de notre civilisation mais dans un plateau, qui débouchera sur un déclin, et sa lente chute, ou un sursaut, dans un rebond citoyen salutaire.

De la critique

Publié: juin 19, 2017 dans Philosophie, politique, société

On la dit facile, et l’art difficile, mais une bonne critique, saine, utile, construite, n’est pas aisée. Pour être saine on doit s’affranchir de toute humeur, du désir de critiquer lui-même, de prouver quoi que ce soit, ou revendiquer. Il convient à l’instar des exigences collaboratives d’un support comme la Wikipédia, d’étayer son propos sans faire valoir une opinion sienne au détriment de toutes. Pour être utile, une critique ne démolira rien mais apprendra à apprendre sur le ou les sujets abordés. Quant à sa construction, elle demande autant d’attention qu’un exercice de dissertation ou d’explication de texte, bien que ceux-ci font toujours référence à l’appris, alors que la critique va délivrer une nouvelle forme d’appréciation du connu. Enfin on se posera la question suivante : à quoi bon critiquer ? Il faut aiguiser son esprit comme une lame de samouraï et s’en servir rarement, trancher dans le vif  en silence, la plupart du temps, pour épargner l’autre de ses propres tâtonnements. On ébauchera une critique lorsqu’on aura une réponse satisfaisante à la question : ai-je à dire ? Ce qui est rarement le cas, le plus souvent il vaut encore mieux se taire, et continuer à peaufiner son apprentissage du sujet. Dans notre société contemporaine gavée d’écrit, de media en tout genre, on songe trop facilement qu’il se trouve moult sujets à critiquer, et ce faisant, comme un mauvais documentaire, on reste partial. En ce siècle de dérives politiciennes, économiques et sociales, nous devons ignorer le néo-féodalisme ambiant pour s’inquiéter de l’avenir de notre espèce qui maltraite tant notre Terre, et de nos isolements qui font de nous des Robinson au lieu de rester fourmis attachées à la fourmilière, humblement. C’est notre espèce qui est en danger, pas la planète, elle, elle en vu d’autre, l’humain est si fragile dans son arrogance. Enfin, avant de critiquer, adonnons-nous à un sursaut de conscience par un travail sur Soi élaboré, afin de la hisser au dessus des pris pour acquis.